Depuis la fin du 19° siècle cependant, les femmes africaines
luttent contre cette pratique . Au Soudan, en Côte d'Ivoire, au Mali, Burkina Faso, au
Kenya il y a de nombreuses voix qui s'élèvent pour dénoncer et refuser l'excision. On
remarquera que les Somaliennes sont majoritairement favorables à cette pratique.
Des lois ont été votées au Sénégal, au Burkina Faso; mais quelle en sont les effets?
Il est à signaler que les ONG font une grande campagne pour attirer l'attention sur les
conséquences négatives de cette mutilation barbare. L'ethnie Méru pratique une excision
par la parole et évite l'opération. Ce qu'on dit parfois, c'est que la question reste
une affaire africaine et que ce sont les femmes d'Afrique qui doivent lutter pour faire
disparaître cette pratique d'un autre âge. Il n'en est pas moins vrai, que chaque homme
ou femme de quelque pays qu'il soit, a droit à la parole sur ce sujet du fait que les
africains appartiennent à la communauté humaine et que cette violence porte atteinte à
l'intégrité physique et relève du crime. Bien au contraire, la complicité silencieuse
qui entoure la circoncision est de l'indifférence et du mépris.
La cérémonie qui doit entourer l'opération est annoncée aux petites filles comme une
occasion de friandises et de fête. Malgré la douleur de
cette zone particulièrement sensible, on demande à la fille de chanter et de
danser ! La vérité est que la femme est considérée comme naturellement
soumise à des désirs sexuels non contrôlés. L'excision permet de garder les jeunes
filles vierges. Pour les Masaï la femme non excisée sera hantée par les esprits des
ancêtres. Sur un point au moins, la nature se joue de l'ignorance des hommes. La femme
excisée peut le plus souvent avoir un plaisir sexuel normal du fait de la diversité des
pratiques sexuelles et des zones érotogènes féminines.
| Comme on pratique aussi l'excision sur des
nourrissons, le prétexte du passage à l'âge adulte, ne tient pas. Mais
est-il seulement besoin de réfuter de tels arguments? Quel argument
peut donner légitimité à une mutilation? Ce sont des hommes qui
décident que telle ou telle tradition est à suivre ou à
abandonner dès le moment où leur prérogatives de domination
sont préservées. Certains s'autorisent à couper les oreilles de
la femme qui écoute ce qu'elle ne doit pas écouter; ils vont
crever un œil à celle qui voit ce qu'elle ne doit pas regarder.
Ils se donnent aussi un pouvoir sur le sexe et la sexualité de la
femme.. . et de droit divin ! |
Les risques médicaux- La mutilation et la mort parfois. Les conditions
mêmes de la circoncision exposent la femme à des infections. Après les douleurs atroces dans cette zone si sensible mutilée sans anesthésie locale par
les matrones, on aura septicémies, toutes les formes d'infections, le tétanos, les
hémorragies, contamination par le virus du sida; la difficulté à uriner est toujours
une conséquence immédiate. Plus tard, l'accouchement sera un autre calvaire pour ces
victimes. L'orifice vaginal qui a subi une infibulation, est devenu trop
étroit. Pour éviter le risque d'étouffement du bébé, il faut pratiquer une
épisiotomie. Tout au long de sa vie, en tout cas, la femme excisée aura à se souvenir
de ce mauvais moment dont elle gardera des séquelles physiques et psychologiques.
Récapitulatif simplifié:
Hémorragie
violente
Douleur insoutenables
Difficultés d’uriner
Tétanos, septicémie, inflammation de la vessie
Douleurs violentes lors des rapports sexuels
Accouchement éprouvant
Traumatismes psychologiques et nerveux. |
Les
mauvaises conditions d'asepsie et d'antisepsie peuvent entraîner la mort.
Les dégâts causés aux terminaisons nerveuses provoquent des
douleurs durables.
Dommages sur l'urètre provoquant des ulcères.
Au cours de la nuit de noce, l'époux utilise couteau, lame de
rasoir ou bistouri pour élargir l'orifice vaginal.
L'accouchement ne sera possible plus tard qu'en pratiquant une
nouvelle opération. Après l'accouchement, une nouvelle
infibulation est pratiquée |