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Le
problème de l'esclavage est celui des grands crimes et des grandes
abominations qui jalonnent l'histoire. On s'en accommode, et quand
un jour on fouille dans le passé parfois récent, on se rend bien compte
que la vérité gêne. On aime classer les personnages d'un événement
en bons et méchants.
A propos de la traite esclavagiste, les bons
seraient, non pas les esclaves, c'est à dire les personnes qui
ont été capturées, déportées, asservies, mais tous les Africains
et leurs descendants.
Les mauvais ne sont pas les entrepreneurs, les
gouvernements, les financiers, impliqués dans cette "entreprise",
mais tous les Européens et leurs descendants.
Le fait qu'on
demande des comptes aux seuls européens et qu'on exige mea culpa
des gouvernements actuels et des citoyens de maintenant pour les
crimes de leurs ancêtres (ont-ils tous des ancêtres esclavagistes?)
est une forme inconsciente de mépris l'égard des Africains. La responsabilité qu'on donne
à l'auteur d'un acte est au niveau de la considération qu'on a de
sa valeur d'homme. C'est ainsi que les représentants de certains états,
criminels vis-à-vis de leur peuple, siègent au conseil des grandes
nation sans scandaliser personne .
Dans tout cela, il y a des vérités qui gênent.
Les monarques Africains de l'époque étaient eux-mêmes esclavagistes,
et cet esclavage traditionnel existait et durait en dehors de toute
implication extérieure. On fait la guerre ; on capture des prisonniers;
on peut les prendre comme otage, les asservir ou les tuer... ou les
manger. On peut également les échanger contre des marchandises, les
livrer pour traiter une alliance, faire un cadeau ou régler un conflit. C'est ce qui
s'est passé, s'est toujours passé partout sans doute dans toutes les
populations.
Les Européens depuis longtemps livraient aux conquérants
arabes des captifs de l'Europe non chrétienne au lieu de les tuer. Ils devenaient esclaves à
différents postes selon leur compétence, et les femmes garnissaient
bien les harems orientaux; on pouvait aussi en faire des énuques.
Le mot esclave vient d'ailleurs du mot "slave". Vient le
moment où l'Europe étant largement christianisée, il n'y avait plus de "barbares
infidèles"
à livrer.
La découverte de l'Amérique se présente dans les livres d'histoire
et les consciences européennes comme un bienfait extraordinaire et
une étape considérable dans l'histoire de la civilisation. Dans les
faits, des hommes partis d'Europe se sont approprié les terres en
chassant et en exterminant les populations épargnées par les maladies
qu'ils apportaient avec eux. Tous ceux qui refusaient la servitude
et la soumission ont été éliminés ou chassés de leurs
territoires.
On avait besoin de "forces nouvelles et de sang neuf" pour
le travail et la mise en valeur des territoires nouveaux. Les volontaires
européens ne suffisaient pas.
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