Privilèges des Vestales Elles assistaient à toutes les grandes cérémonies
religieuses de la cité comme les fêtes de la Bonne Déesse, ou la consécration
des temples. Elles étaient chargées de garder les reliques sacrées
considérées comme gage de la durée de l'Empire (fatale pignus imperii)
et qui étaient déposées dans le sanctuaire du temple, où elles étaient
seules à pouvoir entrer avec le Grand Pontife. Ces reliques mystérieuses
étaient secrètes; peut- être le Palladium ou des images des dieux de
Samothrace apportées à Troie par Dadanus puis à Rome par Enée.
La
vestale qui avait le malheur de violer son vœu de chasteté était
punie de mort.; son complice était lapidé. Tarquin l'ancien imagina même un supplice
particulièrement cruel pour la malheureuse.
Après avoir été fouettée de verges, on l'habillait d'un linceul au
cours d'une cérémonie de funérailles puis elle était ensevelie dans un
tombeau au campus sceleratus dans les murailles de la cité près de la
porte Colline. On lui installait un lit, on lui laissait une lampe et
quelques aliments. Elle était livrée au bourreau qui la faisait
descendre dans sa dernière demeure au moyen d'une échelle qu'on
retirait aussitôt. Le tombeau refermé était recouvert de terre.
Le culte de Vesta dura 1100 ans et prit fin au 4° siècle quand
l'empereur Théodose interdit le culte païen. Pendant tout ce temps,
seules 18 vestales furent condamnées pour avoir violé leurs vœux.
Mais dans le meilleur des cas, la prêtresse jouissait de beaucoup de
privilèges.
Elles étaient affranchies de la tutelle paternelle dès leur entrée
en fonction et on sait que l'autorité paternelle était très pesante
à Rome. Elles pouvaient tester à tout âge; leur témoignage était reçu
en justice sans qu'elles eussent à prêter serment. Elles eurent même
droit à un licteur pour les précéder dans leurs déplacements dans
les rues. Les Consuls et les préteurs leur cédaient le pas et
faisaient abaisser leurs faisceaux devant elles; les tribuns du peuples
eux-mêmes respectaient leur caractère sacré et on punissait de mort
celui qui aurait l'audace de passer sous leurs litière.
Auguste leur
accorda le privilège de Jus trium liberorum, c'est à dire la
pension attribuée aux matrones qui avaient trois enfants, et leur
assigna une place distinguée dans les théâtres. Elles avaient déjà
une place d'honneur dans les amphithéâtres où avaient lieu les
combats de gladiateurs.
Lorsqu'une Vestale rencontrait un condamné que l'on conduisait au
supplice, elle pouvait demander qu'il fût relâché si la rencontre
était fortuite.
L'inviolabilité du temple de Vesta et de la personne de ses
prêtresses, faisaient qu'on déposait entre leurs mains les testaments
qu'on voulait mettre en sûreté et parfois même, les traités
solennels, comme ce fut le cas du traité entre les triumvirs et Sextus
Pompée. Enfin, pour que les vestales fussent honorées encore après
leur mort, leurs cendres étaient inhumées dans l'enceinte de Rome
même.
Le costume des vestales- Il consistait en une stola, par-dessus
laquelle elles mettaient une espèce de veste (carbasus) . Quand elle
faisait un sacrifice, la vestale avait la tête ornée d'une sorte de
tresse faite de flocons de laine rouge et blanche (infula) liés
ensemble au moyen, d'une bandelette blanche (vitta). Elle se recouvrait
la tête avec une pièce rectangulaire. On leur coupait la chevelure
dès leur consécration, si bien qu'on ne les voit jamais représentées
avec les cheveux flottants
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