Le génocide arménien  est une page sombre de l'histoire de l'Europe contemporaine. Il a  détruit dans des conditions abominables plus d'un millions d'Arméniens. La guerre de 1914, les incertitudes politiques qui l'ont suivie et le silence complice des alliances ont occulté ce crime aujourd'hui contesté par l'état turc.
Le génocide arménien est un cauchemar de la condition humaine qui finira bien par sortir du silence et de la dénégation (négationnisme).
Dans la guerre de 1914-1918, la Turquie combattait contre la Triple Entente comprenant La France, l'Angleterre et la Russie.
Dès la première offensive russe, l'empire Ottoman s'est trouvé en grande difficulté; l'armée russe taillait en pièces deux divisions ottomanes.
 Les Ottomans craignaient que les Arméniens  ne fissent alliance avec les Russes.
 Samedi 24 avril 1915 : une rafle à Constantinople de 2345 Arméniens de l'élite intellectuelle sont exécutés sans jugement. 
Télégramme de. Talaat Pacha (ministre de l'intérieur) aux  Jeunes Turcs : 

"Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici."

 Dès ce moment, il a été difficile de savoir le sort des populations chrétiennes d'Arménie.  La réalité est une brutale  déportation en masse des populations arméniennes.
 A Trébizonde les maisons sont fouillées et  les Arméniens sont harcelés en longues files, battus assassinés selon un véritable programme d'extermination ethnique au cours d'une grande marche vers l'intérieur.
Des tueries partout vers les  régions arméniennes dans l'Est ainsi qu'en Cilicie, dans le Sud de l'Anatolie. ''Des centaines de milliers d'Arméniens ont été déportés en particulier à Deir ez-Zor, aujourd'hui en Syrie, où beaucoup ont été tués ou sont morts de faim ou de maladies dans des camps en plein désert.
Les déportations elles-mêmes se sont déroulées dans des conditions épouvantables, effectuées à pied sur des centaines de kilomètres et accompagnées de meurtres et d'atrocités.' . C'est pour ces populations le grand massacre "Mets Eghern" qui a commencé.
Les Jeunes-Turcs ont pris le pouvoir, et dès le 24 avril 1915, il pratiquent le massacre systématique des anciens militaires, des intellectuels et des notables arméniens à Constantinople (aujourd'hui Istanbul ). Ces atrocités sont désormais considérées comme un génocide qui va se poursuivre jusqu'en 1922, causant la mort de plus d'un million 1/2 d'Arméniens.
Ceux qui ont réussi à fuir vont  en direction de l'Arménie russe. Beaucoup de ceux qui ont survécu à la mort et à la servitude dans les pays musulmans, trouvent refuge  à l'étranger, notamment au Liban, en France et en Amérique du Nord. 

Document - les instructions données par Talaat le 18 novembre 1915 :
«Il importe, au point de vue de notre politique actuelle, que les étrangers qui parcourent ces parages soient persuadés que la déportation des Arméniens, se fait réellement dans un but de transfert. Il importe que momentanément on montre à leur égard une conduite prévoyante et que les moyens connus (les massacres) ne soient appliqués qu'en des endroits plus propices.
Quant à ceux qui donnent des renseignements à ce sujet, je vous recommande instamment de les faire arrêter et traduire devant le conseil de guerre.»
Le Ministre de l'Intérieur, Talaat
En 2006 encore, en Turquie, ceux qui évoquent l'existence de ces massacres organisés  et parlent de "génocide " sont passibles de prison. Qu'en est-il aujourd'hui?

Pour la Turquie, cette abomination est reconnue comme une simple opération de police qui a causé des pertes "collatérales" estimées à 300 000 .Il est interdit d'évoquer le génocide et de le nommer selon les lois de la Turquie "moderne" qui veut entrer dans la communauté Européenne. Le silence des états, les intérêts d'alliance, les conditions de guerre et les stratégies politico-militaires ont fait oublier le malheur de ce peuple.
Depuis l'effondrement de la Russie soviétique en1991, l'Arménie ex-soviétique ne possède qu'un dixième de son territoire d'origine. Pour les Arméniens, le 24 avril est le jour de souvenir du génocide.
La France, la Russie, la Grèce, et même la Pologne ont reconnu ce génocide et les  Arméniens demandent que  sa reconnaissance par Ankara  soit une condition de l'adhésion éventuelle de la Turquie à l'Union européenn
e. 
Le fait est que dans la population turque et dans tous les milieux, des citoyens  de plus en plus nombreux, veulent connaître la vérité  de leur histoire.

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